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Le fonds en euros affiche un rendement séduisant en 2026. Suffisant pour détrôner le Livret A ? Plusieurs éléments peuvent faire basculer le match.
À première vue, le match semble vite plié. Avec un rendement moyen attendu autour de 2,90 % en 2026, selon le baromètre de Good Value for Money, les fonds en euros de l’assurance-vie affichent un taux supérieur aux 1,70 % du Livret A depuis le 1er août. Pour les épargnants qui recherchent la sécurité du capital, l’assurance-vie paraît reprendre l’avantage. Mais comparer ces deux chiffres sans regarder leur nature serait trompeur : le taux du Livret A est net d’impôt et de prélèvements sociaux, tandis que celui du fonds en euros doit composer avec la fiscalité.
Des écarts importants d’un contrat d’assurance-vie à l’autre
Autre précaution : les 2,90 % constituent une moyenne et non une promesse faite à tous les détenteurs d’une assurance-vie. Les écarts peuvent être importants d’un contrat à l’autre, avec des fonds qui servent à peine 1 % et d’autres qui dépassent 5 %. Ces rendements élevés reposent souvent sur des campagnes commerciales. L’assureur peut, par exemple, accorder un bonus en échange d’un nouveau versement conséquent ou à condition qu’une partie de l’épargne soit placée en unités de compte. Or ces supports, investis sur les marchés financiers, ne garantissent pas le capital.
Il faut aussi se méfier des taux dopés pendant une durée limitée. Certains bonus ne s’appliquent qu’un ou deux ans, avant que le contrat ne retrouve son rendement habituel. Maxime Roussigné, conseiller en investissements financiers interrogé par Capital , rappelle que la performance future d’un fonds en euros reste difficile à prévoir, contrairement aux bonifications commerciales dont les règles sont connues. Un contrat séduisant à l’entrée peut donc devenir beaucoup moins compétitif une fois la période promotionnelle terminée.
La fiscalité réduit l’écart entre assurance-vie et Livret A
Le Livret A joue, lui, la carte de la simplicité. Son taux de 1,70 % est net, son capital est garanti et l’argent reste disponible à tout moment. Il n’y a ni impôt sur les intérêts, ni prélèvements sociaux, ni condition liée à la détention d’autres placements. Pour un épargnant soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, un fonds en euros doit rapporter environ 2,43 % avant fiscalité pour égaler les 1,70 % nets du Livret A. À 2,90 %, il conserve un avantage théorique, mais bien plus faible que ne le laisse penser la comparaison des taux affichés.
La fiscalité de l’assurance-vie devient surtout favorable avec le temps. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent aux gains du fonds en euros, tandis que l’impôt sur le revenu dépend de l’ancienneté du contrat et intervient lors d’un retrait. Après huit ans, l’épargnant bénéficie chaque année d’un abattement sur la part de gains retirée : 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Tant que les retraits restent dans ces limites, l’écart avec le Livret A peut devenir plus favorable au fonds en euros.
À chacun son placement selon son horizon d’épargne
Le LEP complique encore le verdict pour les ménages qui peuvent y prétendre. Son taux atteint 2,50 % net, sans fiscalité, ce qui le place à un niveau difficile à battre pour un placement sans risque. Son accès dépend toutefois des revenus du foyer et les versements sont plafonnés à 10 000 euros. Pour les épargnants éligibles, il reste prioritaire avant d’envisager un fonds en euros. Pour les autres, l’assurance-vie peut devenir intéressante une fois les livrets réglementés remplis, notamment pour placer des sommes plus importantes sans plafond de versement comparable.
Alors, le fonds en euros à 2,90 % bat-il vraiment le Livret A ? Dans de nombreux cas, oui, mais pas avec l’écart spectaculaire suggéré par les taux bruts. L’assurance-vie devient surtout compétitive avec un bon contrat, peu de contraintes, une fiscalité maîtrisée et un horizon de plusieurs années. Le Livret A garde pour lui une liquidité immédiate, une fiscalité inexistante et une parfaite lisibilité. Plutôt qu’un duel avec un vainqueur unique, les deux placements répondent donc à des usages différents : le Livret A pour l’épargne disponible, le fonds en euros pour une poche sécurisée à plus long terme.
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